Grippe A , analgésie et anesthésie obstétricale Recommandations SPILF, CMIT, CNGOF, SFAR, et société française de médecine périnatale

Voici la partie intéressant notre spécialité du document qui décrit la conduite à tenir face à la grippe A H1N1 pendant la grossesse. Il date du 11/09/2009


L’analgésie péridurale (acte strictement médical) sera assurée en
fonction de la disponibilité physique des médecins anesthésistes. Même en cas de réorganisation majeure de l’offre de soins, il est cependant important que des anesthésistes-réanimateurs restent affectés aux urgences obstétricales pour éviter le déplacement des risques.

En l’état actuel des connaissances, et sous réserve de l’application
des bonnes pratiques cliniques (avoir éliminé un autre diagnostic et chez une parturiente non choquée), l’analgésie par analgésie péridurale chez une femme grippée fébrile est possible.
En revanche, si l’on a à prendre en charge une patiente déjà hypoxémique ou avec des réserves fonctionnelles d’oxygénation déjà amputées, toutes les techniques d’anesthésie, et a fortiori les morphiniques en PCA ou le protoxyde d’azote, peuvent représenter des risques importants. Ils doivent donc être maniés avec la plus grande prudence et sous surveillance clinique et
monitorage renforcés.

Concernant l’anesthésie pour césarienne, il n’y a pas de règles absolues. Les problèmes à envisager sont le niveau éventuel d’hypoxémie s’il y en a et la tolérance au décubitus pour réaliser l’acte chirurgical. Anesthésie
péridurale, rachianesthésie ou rachi-péri combinée avec oxygénothérapie au masque, en VNI (ventilation non invasive), et in fine AG (anesthésie générale) peuvent être discutées.
Il est assez logique d’essayer d’éviter l’AG et les conséquences à court et long terme de l’intubation, ce d’autant que l’extraction foetale et la rétraction utérin doivent en théorie améliorer la mécanique ventilatoire et l’hypoxémie.

Cependant, des situations d’hypoxémie sévère, voire réfractaire à la
ventilation conventionnelle, peuvent et doivent être redoutées. Ces risques doivent être anticipés, surtout pour les patientes déjà hypoxémiques. En effet, dans les suites immédiates de la césarienne, par exemple lors de la rétraction induite par les oxytociques, l’état de
la patiente peut se dégrader sévèrement par l’effet de la tachycardie,
de l’augmentation du débit cardiaque (avec augmentation du débit de shunt) et/ou de l’autotransfusion induite.
Les anesthésistes-réanimateurs doivent même anticiper dans les formes très graves, fulminantes, la possibilité d’utilisation de techniques d’exception (type ECMO) grâce auxquelles plusieurs parturientes ont déjà été sauvées.
Ceci n’est envisageable évidemment que dans les grands centres équipés, le plus souvent à proximité des centres de chirurgie cardiaque.

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Grippe A H1N1 et grossesse
Recommandations communes SPILF, CMIT, CNGOF, SFAR, et société française de médecine périnatale - octobre 2009